Question : Qu’est-ce que brahma randhra ?
Réponse : Quand le bavardage du mental individuel cesse, comme c’est le cas en profonde méditation, la perception peut-être « catapultée », pour ainsi dire, dans la Réalité à travers la fissure du mental. Alors, on voit derrière les apparences de ce que nous considérons avec certitude comme étant « réel », notre vie matérielle prétendue « normale » et quotidienne.
Dans le yoga, cette fissure psychique est appelée « brahma randhra » (du sanscrit, brahma, conscience ; randhra, fissure) – la « Fissure dans la pure Conscience. »
Dans les textes yogiques, brahma randhra est souvent identifiée à la fontanelle, sur le sommet du crâne, mais ceci n’est qu’une simplification – une manière physiologique d’indiquer et de symboliser quelque chose de plus profond. La fontanelle est la partie de notre tête qui, durant les activités quotidiennes (station debout, marche, station assise, etc.), est la plus proche du ciel. Avec un peu de poésie, on pourrait dire qu’elle « touche » le ciel de la même manière que nos pieds touchent le sol. Ici, le ciel symbolise le shunya – le ciel de la conscience. Donc de la même manière que la fontanelle touche le ciel, cette fissure psychique ou brahma randhra, « touche » la conscience. Si notre perception peut traverser cette fissure, alors, nous pouvons réaliser la pure conscience ou la réalité sous-jacente.
Dans le yoga cette fissure est aussi appelée brahma dwara (la porte de la pure conscience ; du sanscrit, dwara, porte) ou la dixième porte – les neuf autres portes étant les neuf orifices (deux yeux, deux oreilles, deux narines, la bouche, l’anus et l’organe sexuel) qui mènent au monde extérieur. Lorsque ces neuf portes sont fermées (lorsque les afflux et reflux sensoriels et nerveux sont interrompus) à travers des pratiques yogiques (tels que les mudra, bandha et la méditation) alors la perception est forcée, pour ainsi dire, de passer par la dixième porte, brahma dwara ou porte de la conscience. Nous réalisons alors la dimension supersensorielle et transcendantale de notre être.
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