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Nadanusandhana - à la recherche de nada

 par Rajesh

En Inde, le son de la musique est considéré en même temps commme nada (vibration sous-jacente, connu en sanskrit comme nada Brahma, ou shabda Brahma) et une voie pour sa réalisation. Les fréquences des notes de musique sont les reflets de nada. Ainsi, la pratique de la musique (sangeeta sadhana) est l’un des meilleures façons d’approfondir notre conscience du son subtil ou vibration, et pour éveiller les chakras.

Les pratiquants du kundalini et du kriya yoga sont familiarisés avec les termes arohan (ascendant) et awarohan (descendant), qui font référence aux passages psychiques majeurs (du chakra muladhara à bindu par l’avant du corps, et de bindu à muladhara par la passage à l’arrière du corps respectivement). Ces deux termes, essentiels dans la terminologie de la musique indienne, sont utilisés dans l’apprentissage de l’échelle musicale et des ragas (modes musicaux). Arohan, dans le contexte de raga, fait référence aux notes montantes et awarohan aux notes descendantes (qui ne sont pas nécessairement les mêmes !).

Les yogis et les visionnaires ont toujours considéré la musique comme la forme d’art la plus élevée et un chemin direct au divin.
Citons Swami Shivananda :
« C’est dans Sangeeta [la musique] et Kirtana [le chant collectif] que Sreyas [ce qui mène à la réalisation du soi] et Preyas [le plaisir sensoriel], d’ordinaire antagonistes, se rassemblent. Sangeeta satisfait l’oreille et constitue un festin riche pour les sens et l’esprit – à tel point que les sens et l’esprit sont apprivoisés et passent sous son contrôle ; Sangeeta ennoblit également l’âme et révêle l’Etre intérieur. La musique est donc considérée comme la meilleure forme de nadopasana (la pratique de Nada). »

En occident, les découvertes de Pythagore sur les proportions mathématiques des intervalles musicaux lui font comprendre que ces proportions existent dans le cosmos – dans notre corps, dans la forme des feuilles et dans les atomes. Il ne serait pas faux d’affirmer que la totalité de la création est une symphonie ! Le concept de nada imprègne toute chose et comment pourrait-il en être autrement quand on sait qu’il est la vibration primordiale de la création ?

Alors que le nada yoga est une part intrinsèque du mantra yoga et du bhakti yoga, on peut aussi dire qu’il recouvre tous les aspects du yoga. Par exemple, dans les postures du hatha yoga, nous souhaitons apporter de l’équilibre et de l’harmonie dans notre corps. Lorsque cet équilibre est atteint, nous produisons des rythmes harmoniques dans notre corps. Dans le karma yoga, nous nous efforçons de nous concentrer totalement sur notre travail, et cette absorption s’appelle laya. C’est seulement en état de totale absorption, en laya, que nous commençons à percevoir nada.

La pratique de nada yoga commence avec les sons audibles, à travers les notes musicales pour atteindre les chakras. Les notes sont désignées en sanskrit par swara, ce qui désigne aussi la note en tant qu’outil pour affiner la perception. En se concentrant sur une note, nous commençons à nous intérioriser. Au cours de ce processus, la qualité de la note s’améliore. Le swara se révèle davantage à vous-même comme l’ouverture d’un lotus. Chaque swara est le symbole du divin et chacun d’eux a sa propre déïté que nous pouvons utiliser au cours de cette pratique.

Les sons et les symboles visuels nous aident tous deux à nous concentrer. Ainsi, le lotus au quatre pétales rouge cramoisi de muladhara correspond au son du bija mantra Lam (syllabe gemme) . Chaque pétale a aussi son propre son ou mantra appelé matrika (unité de son). Les matrikas représentent tous les sons audibles issus du son primordial. Dans un contexte musical ils englobent non seulement les notes musicales que nous chantons, mais également les harmoniques associées qui sont inhérentes à chaque note. Ces harmoniques peuvent être interprétées comme un pont entre le son frappé (audible) et le son non frappé (anahata, subtil). Ils donnent la beauté et la variété infiniment riche du son. Pouvoir entendre des harmoniques, ce qui n’est pas toujours facile, est une étape vers la perception du son subtil.

Un son vibrant à travers des chambres résonnantes de formes variées crée différentes harmoniques, c’est-à-dire par la forme et la taille des instruments de musique, chacun ayant son propre timbre. Le plus sophistiqué de tous les instruments est le corps humain, et il n’y en a pas deux semblables. La voix vibre dans toutes les caisses de résonnance du corps, un réseau complexe de cavernes et de tunnels, de cavités et de labyrinthes. L’exploration de ces zones est une autre pratique très utile pour approfondir la conscience du son subtil.

Dans toutes nos pratiques, soyons inspirés par le chanteur et mystique indien Kabir qui déclare « Ô Sadhu [pratiquant spirituel], abandonne le voile de l’ignorance et tu ne feras plus qu’un avec le Bien Aimé. Allume la lampe de l’amour dans la chambre de ton Être et tu le connaîtras. Tu entendras alors la plus subtile des musiques – l’anahad nada [le son éternel]. »


Mandala Yoga Ashram, Pantypistyll, Llansadwrn, Llanwrda, Carmarthenshire, Wales, U.K. SA19 8NR
Tel/Fax +44 (0)1558 685358 | http://www.mandalayoga.net | Reg. Charity No. 326847