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LE SANNYASA AUJOURD'HUI - Brève explication

 par Swami Nishchalananda Saraswati

Quand je suis devenu sannyasi, en 1972, j'ai eu un fort sentiment de bouillonnement. Je savais que je venais de prendre une des grandes décisions de ma vie. J'avais passé mes vingt-cinq premières années à étudier et à recevoir l'éducation du monde. Mais il y avait un vide persistant dans mon coeur et dans ma vie. Je savais qu'il me manquait quelque chose, mais j'ignorais quoi.
La réponse vint quand je fus initié au sannyasa. Cela m'ouvrit de nouvelles dimensions de compréhension auparavant insoupçonnées. Lentement mais sûrement, les secrets cachés du mental et de l'existence elle-même m'ont été révélés. Je n'étais pas — et je n'ai jamais été — déçu par mon initiation au sannyasa. Il a satisfait un besoin fondamental de mon coeur —  le besoin de connaître, d'expérimenter sur un plan plus profond et de capter les sources de la Joie.

DEFINITION

Le mot sanskrit sannyasa vient de deux racines : sam, « complet », et nyasa, « soumission ». Donc le sannyasa est la tradition de la complète soumission, et la personne qui suit le mode de vie du sannyasa est appelée sannyasi.
Se soumettre à quoi ? Chaque sannyasi aura sa propre définition : se soumettre à la pure conscience, capituler devant la voix du destin, s'abandonner au divin ou s'en remettre au moment présent. Toutes ces expressions parlent en fait de la même chose. Se soumettre vraiment implique que l'on renonce au passé et à une motivation venant exclusivement de l'ego. Et, en fin de compte, qui est vraiment capable de capituler ? Parler de soumission est facile, mais en général c'est simplement un jeu de l'ego. Tant qu'il n'y aura pas d'éveil de la conscience ou de profonde expérience spirituelle, la soumission restera un joli mot du vocabulaire spirituel. Se soumettre demande une descente de la conscience universelle, qui peut être nommée la grâce. A un niveau plus terre à terre, on peut dire que le sannyasa consiste à mettre de côté les attentes et à s'en remettre à l'inconnu.

Le Sannyasa est une ancienne tradition qui conduit à la réalisation de soi. Dans son essence, il plonge ses racines dans les cultures orientale et occidentale. Au sens large, la façon de vivre selon le sannyasa a existé de tout temps dans de nombreuses parties du monde. Certaines de ces traditions ont maintenant disparu ; d'autres sont toujours bien vivantes. Dans l'Europe médiévale, par exemple, il y avait les cathares, les templiers ; au Moyen-Orient et en Inde, les soufis ; en Russie et ailleurs, les chamans. Beaucoup furent persécutés par les groupes sociaux orthodoxes.
Dans la tradition yogique de l'Inde, le sannyasa a été florissant pendant des milliers d'années en tant que puissant moyen d'éveil spirituel. Il prend sa source dans le Sanatan Dharma (la sagesse éternelle), plus connu comme l'hindouisme. Au cours de ce siècle, le sannyasa a été de plus en plus largement adopté par des personnes vivant hors de l'Inde, qui, tout en préservant ses enseignements essentiels, essaient de leur faire prendre racine dans une autre terre. Cette tradition yogique du sannyasa est tout à fait adaptée au monde occidental.
De nombreuses personnes, au cours de l'histoire, ont suivi cette voie et atteint la perfection. En adhérant au sannyasa, nous marchons dans les pas d'hommes illustres, ou peut-être transpersonnels, comme Shankaracharya, Chaitanya, Sri Yukteshwara, Swami Nityananda, Swami Vivekananda, Swami Ramdas, Swami Yogananda, Swami Ramatirtha, Swami Muktananda, Swami Shivananda, Swami Satyananda et d'autres. La liste est presque infinie.

Le but du Sannyasa est la liberté, la libération à l'égard de nos propres définitions de nous-mêmes. Le sannyasa est un moyen de dépasser et de gommer les conditionnements mentaux, les fausses croyances et les dogmes qui empêchent le mental de fonctionner comme un instrument parfait. La personnalité se transforme progressivement, et on peut commencer à vivre d'une façon plus harmonieuse, plus expressive, plus inspirée et plus spirituelle. Le mental devient un reflet parfait de l'expérience de la conscience universelle. On a des aperçus de la réalité sous-jacente, et cela donne la liberté intérieure, qui est la vraie liberté.

ASPECTS DU SANNYASA

La conscience est la capacité à être continuellement en contact avec son être intérieur tout en agissant dans le monde ; c'est être capable d'observer le fonctionnement du mental et des émotions, et ainsi acquérir une compréhension plus profonde de leurs modes d'action. Etre conscient signifie observer l'ego et comment il fonctionne. La conscience est un aspect indispensable du sannyasa, qui peut être éveillé par la méditation et par toutes les formes de pratiques du yoga.

Vairagya. - Le mot sanskrit vairagya est souvent traduit par « détachement », mais il signifie littéralement « sans coloration ». Vairagya, ce n'est pas se retirer de la vie, mais c'est plutôt faire face à la vie avec un point de vue dépourvu de désordre, sans coloration, sans préjugés. Cela implique que l'on permette à la vie et à la nature de suivre leur cours spontanément, sans opposition de l'ego. Alors, et alors seulement, nous pouvons voir les choses telles qu'elles sont, et non pas à travers les verres poussiéreux de notre mental dogmatique. Vairagya implique la volonté d'apprendre à partir de toute situation et de tout événement. Au lieu d'éviter ou de rejeter certaines situations, nous les considérons comme des défis à affronter sur notre chemin vers la perfection. L'éveil de vairagya est un aspect important du sannyasa. On ne peut pas le cultiver, car ce serait un acte de pure forme. Vairagya ne peut émerger que s'il y a un changement de qualité de l'être intérieur.

Vivre au présent. – Le sannyasi essaie de vivre totalement « ici et maintenant », sans regret du passé et sans projets impropres pour le futur. De cette façon, il ou elle accorde toute son attention et toute son énergie à la situation présente et à la tâche à accomplir.

Le renoncement (tyaga) est un aspect important du sannyasa. Le renoncement est une attitude et une compréhension intérieures. Il n'a en réalité rien à voir avec le fait de renoncer aux objets matériels et aux possessions, au confort et aux plaisirs. Une personne peut être entourée de richesses et une autre plongée dans la pauvreté la plus sombre sans que leur attitude intérieure de sannyasa diffère.
Le sannyasa a plus à voir avec l'abandon de ce qui est irréel - nos illusions aussi bien que nos habitudes, nos attentes, notre obsession du renom ou de la réputation, et notre sentiment de séparation d'avec les autres. Plus nous renoncerons à ce qui est irréel, plus notre vision s'approfondira et nous percevrons Ce qui est Réel.
Dans le sannyasa, nous apprenons à considérer le monde comme une scène de théâtre et à vivre la vie comme elle devrait être vécue, dans le renoncement et la conscience. Le sage Vashishtha dit à Rama :
« Même si le monde est irréel, participes-y, car même ta participation est irréelle. Même si tout ce qui arrive est stupide, participes-y. Sois stupide avec les stupides, insensé avec les insensés. Tu peux devenir empereur, général, swami, femme à la maison, commerçant, homme d'affaires, artiste, ingénieur ou prostituée. Tout cela n'est que l'expression de ton karma ; ce n'est pas en contradiction avec la vie spirituelle. Renoncer aux objets et aux devoirs n'est pas le renoncement ; c'est le renoncement à l'intervention et à l'identification qui est important « (Yoga Vashishtha, ancien texte de yoga).
Bien sûr, sur le chemin spirituel, simplifier notre vie matérielle, en renonçant à ce qui n'est pas essentiel, est une aide. Cela nous donne plus de temps et d'énergie pour pratiquer le yoga et explorer les domaines intérieurs de notre être. En fin de compte, le renoncement signifie tourner notre attention vers le transcendantal.

Le service (seva). – Le sannyasa ne concerne pas seulement l'évolution personnelle. Dans la tradition, la notion de service est implicite. Au fur et à mesure du développement, la capacité individuelle à partager et à aider les autres augmente. Le service est un aspect indispensable de la vie spirituelle, car il aide chacun à combattre le sentiment de sa propre importance et l'égoïsme, qui sont des obstacles sur la voie. Le service et le sannyasa vont de pair.

Bonne humeur. – Un sannyasi essaie de jouer le jeu de la vie, sans rien prendre trop au sérieux. Cela adoucit les expériences de la vie, et rend les relations et la communication plus créatives. Quand une personne est comme un enfant (ce qui ne signifie pas puérile), elle est ouverte aux autres, à leurs idées et à leurs sentiments. Un mental excessivement sérieux est rigide, fermé et dogmatique ; on a tendance à combattre inutilement, à réagir et à s'opposer aux autres au lieu d'être souple à leur égard et dans les circonstances ordinaires.
Si l'on n'a pas cette attitude de participation joyeuse au jeu de la vie, on ne peut pas accepter sans conditions une autre personne. On ne peut pas voir une situation telle qu'elle est réellement. C'est dans cette riche aire de jeu que de nouvelles possibilités apparaissent, que de nouveaux points de vue, auparavant insoupçonnés, se présentent. Ainsi, le sannyasa conduit à une plus grande créativité - la vie de chacun devient une oeuvre d'art.
Cette attitude de bonne humeur apparaît naturellement au fur et à mesure que la personne progresse sur le chemin spirituel. Elle n'est pas cultivée, mais vient naturellement quand on approfondit sa propre compréhension.

La pratique du yoga (abhyasa). - Le sannyasi approfondit les différents aspects du yoga. De cette façon, il ou elle approfondit sa conscience du fonctionnement du mental et du corps, ouvre de nouveaux champs d'expérience, et devient capable d'introduire dans sa pratique et dans sa vie les aspects fondamentaux du sannyasa. La Maha Narayana Upanishad dit :
« Quand on se consacre (à la pratique) vient une énergie concentrée. De l'énergie concentrée vient Pratyahara (le retrait des sens) ; cela permet une réflexion approfondie. De la réflexion vient le calme du mental ; cela conduit à l'illumination et à l'expérience ultime de la Réalité. Cette illumination intensifie le souvenir de la réalité. Ce souvenir produit un souvenir constant. Ce souvenir constant conduit à la réalisation incessante et directe de la Réalité. Par une telle réalisation, on vit dans la conscience universelle » (verset 79, 15).
Dans le sannyasa, les émotions sont considérées comme créatives si elles sont maîtrisées et dirigées. Sinon, elles peuvent être destructrices et gaspiller l'énergie vitale de la personne. Le but est de canaliser les émotions dans des voies créatives, de sorte qu'elles deviennent un moyen d'élever la conscience. En fin de compte, les émotions se transforment en dévotion.
Par exemple, la colère a toujours été un problème pour moi comme pour beaucoup de personnes. Je pouvais me mettre en colère à la moindre provocation. Après l'initiation au sannyasa, je suis devenu capable de canaliser cette énergie vers des objectifs constructifs et pleins de sens pour moi (Karma Yoga) ; j'ai aussi pu approfondir ma compréhension des racines de la colère par la méditation. Peu à peu ma colère a diminué. Cela s'est également produit pour d'autres émotions orageuses.
Dans le sannyasa, en acceptant totalement ses désirs, on essaie de voir plus profondément dans leur nature, de façon à les harmoniser et à les diriger dans la recherche spirituelle. Au lieu d'avoir une totale indulgence dans la satisfaction de ses désirs, on dirige son attention et on la consacre à la réalisation de soi.

LA VOIE DU SANNYASA

Un sannyasi est un explorateur de la réalité. Comme un scientifique, il ou elle n'accepte rien sans vérification ou expérience personnelle. Ce faisant, le sannyasi ne dépend plus seulement de l'intellect limité, mais tend à éveiller des facultés plus élevées d'intuition et de compréhension. Il n'y a pas de place pour la rêvasserie, les envies, les fausses croyances, les superstitions ni les ouï-dire.

La voie intérieure et la voie extérieure. – Le sannyasi suit le nirvritti marga (la « voie du retour à la source »). Cette voie est généralement appelée la voie intérieure, par opposition au pravritti marga (la « voie extérieure », ou «  voie des activités mondaines »). Mais ce terme « voie intérieure » est mal choisi. Un sannyasi ne se consacre pas uniquement à l'introspection, mais agit également dans le monde. La voie intérieure signifie en réalité que l'intérieur et l'extérieur sont mêlés et harmonisés de sorte qu'il n'y a plus de séparation rigide. Le sannyasi explore les profondeurs de l'être et est capable d'en exprimer leur profonde compréhension dans le monde.

Comment devrait agir un sannyasi ? – En fin de compte, cela dépend de chacun. Certains peuvent être actifs dans les affaires du monde, d'autres se retireront de la société et vivront seuls. Certains iront d'un endroit à l'autre, d'autres dirigeront un ashram. Il ne peut pas y avoir de définition rigide, car un sannyasi est censé aller au-delà des schémas, des rituels et des comportements déterminés. Il ou elle accepte l'insécurité comme un élément de la vie, et trouve ainsi la sécurité dans l'esprit. Le sannyasi essaie d'agir pleinement et en y mettant tout son coeur. Chaque action devrait être intense, enthousiaste, concentrée, mais toujours imprégnée d'un sentiment de joie, de jeu et de bonne volonté. Il ou elle agit avec le coeur et avec une totale conscience, il ou elle ne devrait jamais cesser d'agir, ni être prisonnier des actions. Un sannyasi devrait être sans peur, affrontant les hauts et les bas, inébranlable devant les obstacles, les regardant plutôt comme des défis sur le chemin de la conscience la plus élevée.
Ne pensez pas que la vie de sannyasa soit facile - elle ne l'est pas. Dans la vie quotidienne, on peut très facilement fuir les frustrations et la tristesse grâce à un large éventail de distractions : la télévision, la radio, les fonctions sociales, et ainsi de suite. Ces choses n'ont rien de mauvais en elles-mêmes, mais nous avons tendance à y noyer nos chagrins en fuyant notre mental. Dans le sannyasa, il y a moins de possibilités de fuite.

UNE TRADITION TOUJOURS VIVANTE.

La tradition du sannyasa à laquelle l'ashram et moi-même sommes reliés a été formulée par le grand yogi Shankaracharya au VIIIème siècle. A partir de lui, différentes branches se sont développées. L'une d'elles s'est poursuivie au cours de notre siècle, en la personne de Swami Shivananda de Rishikesh. A son tour, il a initié Swami Satyananda, qui, au cours des trente dernières années, a semé la graine en moi et en de nombreuses autres personnes à travers le monde.

Les signes extérieurs. – Il est impossible de définir un sannyasi par ses actions extérieures, car le sannyasa est vraiment une attitude intérieure et un état d'être. Le niveau de prise de conscience est plus important que l'initiation, le nom, le vêtement et la façon de vivre. Quoi qu'il en soit, ces aspects extérieurs du sannyasa sont au départ une aide sur le chemin qui conduit à l'essence du sannyasa intérieur.
Quand un sannyasi est initié, un nom sanskrit lui est donné. Ce n'est pas juste une autre étiquette : cela indique une qualité marquante et profonde de la nature du disciple. En effet, on a constaté que les sannyasis commencent à exprimer le sens caché de leur nom à mesure qu'ils entrent en contact avec des aspect plus fondamentaux de leur être.
Quand un sannyasi est initié, des vêtements ocres (brun rouge) lui sont donnés. L'essence du sannyasa est d'abattre toutes les « béquilles », et certaines personnes peuvent dire que porter des vêtements particuliers et « appartenir à un club  » est juste une autre béquille. C'est sans doute un peu vrai, car dans un sens un sannyasi n'a pas besoin de porter des vêtements spéciaux ; il peut tout porter, ou rien ! Néanmoins, le fait de porter un vêtement spécial donne de la cohésion à l'ordre du sannyasa. Sans signes extérieurs distinctifs, ce noble ordre pourrait, avec le temps, se déliter, et même disparaître. Le vêtement indique aussi que vous pratiquez le yoga et que vous êtes sur un chemin spirituel. Il vous rappelle en permanence votre but dans la vie. La couleur ocre a en outre des qualités particulières. C'est la couleur du soleil levant, et donc elle évoque l'énergie vitale et l'enthousiasme nécessaires pour avancer dans la vie spirituelle.

Le gourou et l'initiation. – L'initiation formelle au sannyasa doit être donnée par une personne qui devient votre gourou (maître spirituel). En sanskrit, le mot signifiant « initiation  » est diksha, qui vient de la racine diksh, « se consacrer à ». Cela indique clairement que le disciple se consacre au service du gourou et qu'il l'accepte comme guide.
C'est votre gourou qui vous guide sur le difficile chemin spirituel où l'on peut se perdre dans un dédale d'erreurs, de demi-vérités et d'idées fausses. Même s'il y a des exceptions, il est pratiquement impossible de suivre la voie du sannyasa sans être guidé par quelqu'un qui a déjà suivi ce chemin, ou au moins qui est un peu plus avancé sur ce chemin. C'est le gourou qui sait intuitivement et qui décide si une personne est prête pour le sannyasa. Dans l'initiation, il est implicite que le disciple suivra les instructions du gourou, qu'il reste à son service ou qu'il s'en aille. Plus le mental du disciple s'affine, plus il s'harmonise avec celui du gourou. Quand il en est ainsi, la transmission des connaissances spirituelles peut avoir lieu.
Le disciple devrait servir le gourou sans attendre quoi que ce soit en retour, pas même une « tape dans le dos ». Le disciple ne devrait pas penser qu'il ou elle fait une faveur quelconque au gourou en le servant, que ce soit en nettoyant les toilettes, en s'occupant des affaires de l'ashram, en enseignant ou en toute autre chose. Cela s'appelle guru seva (« le service du gourou »).
La première initiation est une cérémonie formelle, comme un contrat entre le gourou et le disciple. C'est le symbole de l'acceptation mutuelle. Différentes instructions sont échangées, que le disciple est censé suivre. Cette initiation formelle symbolise la mort à l'ancienne façon de vivre et de penser, et la renaissance dans une nouvelle vie qui conduit à la sagesse. Les initiations suivantes sont plus subtiles et plus transformatrices. Le processus du sannyasa implique des niveaux d'initiation de plus en plus subtils au fur et à mesure que le disciple acquiert une plus large vision de la vie et de la conscience universelle.

Purna et Karma Sannyasa. – Il y a deux types principaux de sannyasa. Selon la tradition, un Purna (« total ») Sannyasi reste célibataire et consacre la totalité de sa vie à la recherche spirituelle. Un Karma Sannyasi peut se marier, diriger une entreprise et vivre dans le monde. Un Purna Sannyasi porte en général ses vêtements spécifiques tout le temps, alors que le Karma Sannyasi les porte pendant sa pratique quotidienne de yoga et quand il ou elle séjourne à l'ashram de son gourou.

La vie à l'ashram. – Pour les sannyasis, en particulier au début, un séjour dans un ashram, sous la conduite directe du gourou, est important. C'est à l'ashram que celui qui vient d'être initié pourra s'imprégner des aspects fondamentaux et profonds du sannyasa.

Comment et quand devenir un sannyasi. – Votre coeur vous dira quand le moment sera venu. Vous ressentirez un élan très fort, un besoin irrésistible d'approfondir votre compréhension de la vie et de votre place dans l'univers. Il se pourrait bien que vous souhaitiez chercher dans le monde entier, si besoin est, pour trouver des réponses.
Bien sûr, il y aura des doutes au sujet du sannyasa, surtout au début. C'est normal, car vous pouvez avoir des idées fausses au sujet du but et du rôle du sannyasa. Mais avec le temps, ces doutes disparaîtront.
Il est clair que le sannyasa n'est pas pour tout le monde. Cet appel mystique provient de la nature de la personne et a inspiré des individus de tout temps et sous tous les climats. En Inde, selon la tradition, les sannyasis répondaient à cet appel plus tard dans leur vie, après avoir accompli leurs ambitions et expérimenté la vie de famille. Parfois aussi, une personne devenait Purna Sannyasi assez jeune, voire même au cours de son enfance. De nos jours, avec la restructuration du sannyasa, on peut être initié au Karma Sannyasa à n'importe quel âge.

Les textes. – De nombreux textes traitent du sannyasa. Parmi eux, il y a les Sannyasa Upanishads les plus traditionnelles, comme la Narada Parivrajaka Upanishad, la Paramahansa Upanishad, la Jabala Upanishad ; des textes tels que l'Ashtavakra Gita, la Jivan Mukta Gita, l'Avadhuta Gita et l'Uddhava Gita ; Bhaja Govinda (« Le Chant du Suprême »). L'essence du sannyasa est bien expliquée dans le Sermon sur la montagne de la Bible, et dans le Dhamma Pada bouddhique. La Bhagavad Gita donne aussi des explications de ce qui est l'essentiel du sannyasa (par exemple le chapitre 5, « Le yoga de la renonciation dans les oeuvres », et le chapitre 18, « Le yoga de la libération grâce au renoncement »). Et il y a bien d'autres textes.

Le sannyasa aujourd'hui. – Dans le passé, le sannyasa était associé à l'ascétisme et au rejet de la participation au monde. Ce n'est plus réalisable pour la plupart des gens, ni nécessaire. Le sannyasa moderne, tel que nous le voyons, recommande de participer aux affaires du monde, mais avec l'attitude du sannyasa. C'est la raison pour laquelle le Karma Sannyasa a été créé : pour que des chercheurs sincères puissent suivre le cheminement spirituel tout en remplissant leur rôle dans la société, comme parents, mari, épouse, homme d'affaires, chercheur en informatique ou routier.
Contrairement à une croyance commune, le sannyasa n'est pas un rejet de la vie quotidienne, mais son accomplissement. Le sannyasa dit qu'adorer la vie est la plus grande des sadhana (« pratique de yoga  »). Profiter de la vie est le plus grand hommage que vous puissiez vous rendre à vous-même. Celui qui gaspille sa vie est sûr de tout perdre. Le sannyasa ne dit pas que vous ne devriez pas jouir de la vie, loin de là. Il dit que, pour obtenir le meilleur de la vie, nous devrions approfondir nos perceptions, et ainsi changer nos attitudes. En fait, le sannyasa apporte une joie plus grande dans la vie.
La société de consommation moderne, si elle est avancée du point de vue technologique, n'est pas très sage. La tradition du sannyasa offre un moyen d'assainir la société et le monde en transformant la qualité des individus dans la société. Le sannyasa offre aux hommes et aux femmes de maintenant la possibilité de trouver un sens à la vie, un sens qui dépasse leurs rêves les plus fous.

« Renoncer, ce n'est pas rejeter les choses du monde, mais accepter qu'elles s'en aillent » (docteur Susuki, maître zen).

« A partir du moment où l'on s'engage vraiment, la providence se met aussi en mouvement. Toutes sortes de choses viennent à l'aide, qui ne se seraient pas produites en d'autres circonstances. Tout un courant d'événements découlent de la décision, apportant toutes sortes d'incidents imprévus, de rencontres, et une aide matérielle que personne n'aurait pu prévoir. Quoique vous fassiez ou rêviez de faire, commencez-le. L'audace a son génie, son pouvoir et sa magie. Commencez maintenant » (Goethe).


Mandala Yoga Ashram, Pantypistyll, Llansadwrn, Llanwrda, Carmarthenshire, Wales, U.K. SA19 8NR
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